Jeux Viens à Vous Catherine Watine

J'avais conclu la saison avec Stefan Feld.
Pour débuter cette saison 3 des entretiens de Jeux Viens à Vous, je vous propose de découvrir Catherine Watine. 

Connu pour être l'un Membres ancestraux du jury à Cannes, elle est surtout la présidente de l'association A l'adresse du jeu à Paris.

Sous une image de bourgeoise parisienne au doux sourire, qui se cache vraiment derrière cette dame? 

Malgré le fait que certains laissent courir des propos déstabilisants à son encontre, j'ai passé un excellent moment en sa compagnie au festival de Cannes, un moment presque magique je dois l'avouer.

 

Nous parlons de son enfance en tant que fille de diplomate et des pays où elle a vécu, de son métier de ludologue, terme qu'elle préfère à ludothécaire, de la relation avec les enfants et comment les faire jouer mais bien également de son rôle en tant que jury à Cannes, de Nadine Seul, Philippe des Pallières, Gaetan Beaujannot, son fils Wladimir et bien évidemment de Monsieur Phal... 

 

 

1) Catherine Watine, bonjour, auriez-vous la gentillesse de vous présenter ?

 

Je suis Catherine Watine, j'ai choisi de faire de l'univers du jeu mon métier, il y a assez longtemps, cela fait 35 ans.

 

 

2) Que représente le jeu pour vous, le fait de jouer, mais également de faire jouer ?

 

On dit souvent des artistes qu'ils n'ont pas perdu la part d'enfance qu'ils ont en eux. J’ai choisi de faire du jeu mon métier en tenant compte de cela. C'est-à-dire que j'ai compris que le jeu est une fonction qui nous accompagne toute la vie. En faisant des études de psychologie on se pose la question.

 

Comment passer du jeu activité infantile au jeu adulte, au donner à jouer ?

 

Quand on a compris ce qui se jouait là, on ne se pose plus de questions ! On se rend bien compte que le jeu est un acte fondateur dans la vie de l'individu et que, finalement, essayer d'accompagner les autres tout en participant soi-même est le plus beau des métiers.

 

 

3) Avant d'en venir à vos différentes activités, j'aimerais évoquer votre enfance. Vous disiez, dans une interview donnée à La Croix, avoir vécu dans de nombreux pays étant jeune.... Lorsqu'on est fille de diplomate, un métier de classe sociale élevée, que l'on est étranger, que voit-on réellement du pays où l'on habite ?

Qu'avez-vous pris de chaque culture, qu'est-ce qui vous a le plus marqué et qu'en avez-vous tiré intérieurement ?

 

C'est une question très vaste !

 

C'est vrai que j'ai été très marquée par cette vie que vous offre un métier d'un parent diplomate, parce que vous êtes des sortes de nomades sans choisir votre nomadisme. Les pays sont imposés, c'est un peu la loterie. Mais c'est en même temps, avec le recul, une expérience complètement fabuleuse.

 

Sur le moment ce n'est pas toujours évident pour un enfant de changer de pays tous les 3 ans, de quitter une maison, un environnement amical, une atmosphère, une culture et de devoir se réadapter. Je pense vraiment que la manière de faire le deuil du pays que l'on quittait et de s'adapter au nouveau pays à apprivoiser passait beaucoup par le jeu. Car j'y ai beaucoup réfléchi depuis ! (Rires)

 

Jouer, c'était évidemment du jeu de société, mais ça passait aussi par le jeu symbolique, le faire semblant, et que je jouais énormément avec mes frères et sœurs. J'avais des parents assez intelligents qui nous laissaient aller jouer à l'extérieur. C'était une époque où l'on pouvait jouer à l'extérieur en sécurité, enfin à peu près en sécurité ; et quand on joue à l'extérieur, on a le contact avec les autochtones.

 

Et puis vous avez ces obligations d'enfants de diplomate où vous êtes en représentation aussi, il y a des moments où vous vous retrouvez dans les palais, et là vous devez jouer un rôle, mais enfant vous vous adaptez à tout cela et puis ça vous amuse beaucoup !

Soirée jeu à l'R de jeux

 

4) Chateaubriand, dans ses mémoires d'Outre-tombe, faisait l'éloge du métier de Diplomate, activité qu'il exerça durant de nombreuses années et qui depuis a énormément évolué. Qu'avez-vous retenu du métier de votre père et des relations qu'il a pu avoir avec les états avec lesquels il a échangé ?

Alors... il y a toute une partie de ma petite enfance qui m'échappe un peu. Et puis avoir des parents diplomates ce n'est pas une sinécure ! C'est à dire qu'on ne voit pas beaucoup ses parents, on est confié à d'autres personnes qui se chargent de notre éducation, donc voilà...

 

Sur le plan affectif ce n'est pas toujours évident !

 

A l'époque, le diplomate avait une autonomie sur place et avait une vraie fonction de représentation, contrairement à aujourd’hui où tout se fait directement d'état à état. Vers 8/9ans, mon père était en poste au Moyen-Orient, en Syrie, au Liban, Jordanie, Israël…

J'ai pris conscience de ce que cela pouvait représenter d'être fonctionnaire de l'état français et de représenter la France à l'étranger, et ça m'a énormément marquée !

Tous ces pays avaient été sous protectorat français et on était bien accueillis ! A l'époque c'était le général de Gaulle, j'avais l'oreille collée au poste de radio pour l’écouter et en... 68, comme je me suis retrouvée sur les barricades, le pauvre Général il en prenait plein la figure ! (Rires)

 

Si ce n'est pas indiscret, vous êtes de quelle année ?

 

48.

 

Le métier de diplomate a été un très beau métier parce que c'est quand même merveilleux de pouvoir connaître un pays et sa population en étant partie prenante, en partageant leur culture… Ce sont des moments très forts, qui vous donnent un sens de l'adaptation.

Quand on me demande mes racines, je ne cite pas une région de France ! (Rires)

 

Pour moi ce sont les différents pays que j'ai adopté tout au long de ma vie de nomade.

 

 

5) Ce qui peut sembler simple au premier abord, transmettre sa passion comme ludothécaire peut s'avérer plus complexe qu'il n'y paraît et demande un réel travail, j'imagine. Comment abordez-vous les enfants ou les adultes que vous rencontrez dans le cadre de votre travail et qu'avez-vous appris à faire/dire ou ne pas faire/dire au fil des années ?

 

Alors, il y a déjà quelque chose qui m'a demandé un certain travail : passer de psychologue à ludo... quelque chose... ludo...thécaire... C'est à dire troquer sa toque de psychologue pour celle de ludothécaire.

 

Quand j'ai commencé à travailler dans une ludothèque, j’ai réalisé que la ludothèque n'est pas un lieu de thérapie mais un lieu thérapeutique en soi !

C'est ce qui m'a beaucoup intéressé. La ludothèque est un lieu de prévention idéale parce qu'on peut rejouer tout ce qu'on vit dans la réalité, et c'est ce qui m'a passionnée.

 

Très vite, j'ai décidé d'abandonner ce métier de psychologue, qui m’habite toujours évidemment, pour celui de ludothécaire puis celui de ludologue.

 

Oui j'ai vu ce terme...

 

Parce qu'en fait on est amené à réfléchir autour du jeu, on n'est pas que dans l'action du donner à jouer. Dans ludologue y a dialogue, du latin Logos.

 

Le jeu a une fonction extraordinaire, comme à l'étranger où le jeu me permettait de rentrer en relation tout de suite avec les enfants qui ne parlaient pas la même langue. Le jeu en ludothèque vous fait rentrer immédiatement en relation avec des gens de tout âge, toute origine. Dans le jeu on voit bien vite les qualités et les défauts des autres, mais surtout ce qui est magique dans le jeu, c'est qu'on partage des émotions, des émotions essentielles !

 

Comme ?

 

L’enfant va tout de suite capter certaines choses : « Tiens papa n'aime pas perdre ! ». C'est une réalité ça, c'est instinctif ! Et puis on peut être vache avec son père et sa mère car on est dans le cadre du jeu, on est dans la fiction, et dans la fiction on peut tout se permettre.

 

Et après on retourne dans la réalité… C'est pour ça que je suis un peu étonnée avec le titre « La vie est un jeu » annoncé sur ce Festival, parce que pour moi la vie n'est pas un jeu ! Sinon le jeu n'existerait pas ! (Rires)

 

Le jeu, justement, permet de rejouer la réalité et d'en faire un peu ce qu'on veut ou de régler les conflits… Mais dans la vie on est dans la réalité.

6) Avez-vous d'ailleurs une anecdote marquante, drôle ou émouvante à nous raconter à ce sujet ?

 

Au Népal, il y avait des enfants qui jouaient à un jeu dessiné au sol, avec des cailloux. Je les observais, et puis très vite, ils m'ont invitée à venir jouer. Il m'a fallu un moment pour comprendre comment cela fonctionnait, quel était le but du jeu… J’ai mis un moment mais j'ai fini par comprendre ! (Rires)

 

C'étaient des sourires, des déplacements...C'était un moment complètement magique...

7) Vous disiez avoir également beaucoup animé dans les écoles, ludothèques… Qu'avez-vous retenu de ce travail auprès des enfants ?


Quand on parle des enfants, on parle toujours d'un collectif, mais il y a en fait des rencontres, que ce soit avec des adultes ou des enfants. A chaque fois c'est une rencontre différente, et comme je vous disais tout à l'heure, lorsque l’on joue, on est en prise directe avec les émotions des uns et des autres. En tout cas, les enfants sont toujours plus malins qu'on ne le croit ! (Rires)

On comprend très vite que tout le monde peut être joueur, enfants comme adultes, et qu’il suffit de choisir le bon jeu. Et puis il faut beaucoup d'humour ! Il faut savoir ne pas se prendre trop au sérieux !

 

J'ai appris également avec les enfants qu'il fallait savoir accepter qu'ils disent « pouce », qu'ils quittent une partie de jeu, parce qu'obliger un enfant à aller jusqu'à la fin d'une partie ce n'est plus du jeu. La leçon à retenir est que le jeu reste vraiment l'espace de non contrainte, de choix, de décisions…

 

On peut dire qu'un joueur est joueur quand il a décidé lui-même d'y être et qu'il peut en sortir quand il veut.

Animation sur la dalle de la cité de la Noue à Montreuil

 

C'est une des questions que je me suis posé en animation, quand les enfants arrêtaient très vite un jeu, est-ce que je leur demandais de continuer par respect pour les autres, car cela peut gâcher une partie, ou est-ce que je les laisse arrêter ?

 

En tant que ludothécaire, on s'arrange pour chercher quelqu'un d'autre autour afin de le réintroduire dans le jeu, il y a beaucoup de jeux qui se prêtent à cela, surtout les jeux pour enfants. Mais après, qu'est-ce que c'est qu'un enfant ? Jusqu'à quel âge ?

Je trouve que dans le domaine du jeu, on est enfant jusqu'à l'âge de 9 ans, âge à partir duquel s'installe l'esprit logique. Avant il ne faut pas les forcer à aller jusqu'au bout je pense. C'est au ludothécaire de savoir si tous les partenaires sont d'accord pour continuer, aller jusqu'au bout…

 

Et puis il faut accepter qu'on puisse se tromper !

 

8) Véronique Claude, me parlait dans son entretien du projet boîte à jouer, est-ce quelque chose que vous connaissez et qu'en pensez-vous ?

 

Oui ils mettent du matériel de récupération à disposition pour que les enfants jouent avec, c'est cela ? J'ai connu les derniers terrains d'aventures à Paris ! Et donc je pense que c'est une démarche formidable !

 

C'est le jeu, évidemment, car il y a tous types de jeux. Le jeu ne s’enferme pas uniquement dans une boite, il recouvre des activités très variées.

9) Vous êtes membre du jury de Cannes. Un prix qui a fait couler beaucoup d'encre, notamment l'année dernière par rapport au prix d'Unlock.

9 A) Que représente pour vous ce prix, et qu'est-ce que cela représente pour vous d'être membre du jury ? C'est, j'imagine, un grand honneur ? Avez-vous réfléchi avant d'accepter la proposition lorsqu'on vous l'a proposé, notamment par rapport au rôle ingrat que vous alliez endosser? Car on félicite peu le jury, on le critique plutôt.

 

Oui, oui !

Eh bien...La critique est aisée mais l'art est difficile ! (Rires)

 

Quand Nadine (Seul) m'a proposé de faire partie du jury, cela fait peut-être une vingtaine d'années, je faisais partie du jury du concours de Boulogne (Note : maintenant le CNJ). C'était passionnant car on y découvrait des prototypes et le travail des auteurs...

Puis Nadine m'a proposé de venir à Cannes, et j’ai immédiatement accepté. Quand on est dans le monde, du jeu on a envie de participer un peu à tout, et puis Cannes, c’est un peu magique !

 

Ce que j'aime beaucoup dans ce jury, c’est qu’on est une toute petite communauté d’êtres très différents, d’âges et de milieux professionnels variés. Chacun cherche des jeux, joue dans son milieu professionnel, familial, amical, et on se retrouve très régulièrement à partager les meilleurs jeux, enfin ceux qui nous ont le plus plu. Ça peut être un flop, et là on est déçus parce qu'on y a pris beaucoup de plaisir… Mais le plus souvent, le plaisir est partagé. Il y a une telle production que ça devient très difficile de sélectionner des jeux, c'est une frustration terrible !

 

Mais quand je regarde en arrière, je vois que la plupart des jeux primés sont encore là. Donc vous comprenez que depuis le temps, les critiques ne m'atteignent plus beaucoup ! (Rires)

 

 

9 B) Monsieur Phal est l'un des personnages phares du monde ludique, en général adoré ou détesté, voire parfois adoré en ON et détesté en OFF, tout ou presque lui a été reproché. Il lui a été reproché que c'est lui qui décidait de l'As d'or et que les autres membres n'avaient rien à dire.

J'ai trouvé pour ma part cette critique quelque part offensante pour les autres membres du jury, leur retirant leur droit à réfléchir par eux-mêmes.

 

Phal, c'est un personnage très attachant, je le connais depuis très longtemps donc je le connais sous toutes ses facettes. On a partagé des moments forts de discussion et de temps de jeux.... Il m'a beaucoup appris, notamment à devenir un peu plus stratège… Vous finissez par connaître les ficelles ! (Rires)

 

Humainement, c'est quelqu'un d'exceptionnel. C'est une très belle âme. Il est beaucoup dans l'humour, dans la provocation, c'est un jeu. C'est un être très ludique en fait, donc je me prête aussi au jeu. Et donc on se fight, on a des joutes !

On peut tout lui reprocher, tout et son contraire. C'est vrai que parfois même dans le jury on se pose la question,

« Tiens pourquoi il nous fait ce grand numéro autour de ce jeu ?».

 

Mais cela n’empêche jamais la discussion. Les gens oublient que nous sommes tous des professionnels avec un savoir-faire et un savoir-être.

 

Ca vous touche que les gens puissent dire ça ?

 

Ça ne nous atteint pas puisqu'on sait que ce n'est pas vrai ! (Rires)

 

Non, mais je comprends qu'on puisse l’imaginer de l'extérieur, je comprends très bien. En réalité ce n’est pas facile du tout, imaginez le nombre de jeux qui sortent. Et puis, nous sommes des individus ! Chacun a une vision différente, appréhende les jeux à sa manière, alors avoir un avis unanime et global...

 

Et puis il peut y avoir l'élément affectif…

Pour certains, le principe du jeu va primer. Pour d'autres, le côté esthétique l’emporte. Mais on argumente et au final, et c’est ce qui est extraordinaire, il y a toujours unanimité.

On ne va donc pas nous faire l'injure, avec tout le respect qu'on a pour Phal, de dire que c'est lui qui décide de tout ! Et ce serait lui faire injure à lui-même, je pense…

Réunion du jury à Cannes, Monsieur Phal is watching you! 

9 C) Pour la sélection du prix, quels ont été vos échanges tous ensemble, et notamment avec Monsieur Phal ?

Nous nous réunissons, assez souvent, soit à Paris car c'est un lieu central, soit chez les uns soit et les autres, chez François Décamp à Bordeaux, chez Thierry Saeys à Bruxelles... On se retrouve aussi dans les différents festivals, notamment à Essen.

On commence à jouer ensemble, c'est très important de jouer ensemble, même pour les jeux enfants ! Si la première partie ne s'est pas passée comme celui qui l'a présenté voulait que ça se passe, eh bien on va en refaire une, et l'un ou l'autre va demander à avoir le jeu chez lui, pour le rejouer avec son environnement...

 

C'est un vrai travail !

 

 

9 D) Comment vous sentez-vous dans ce groupe hétérogène composé de différents caractères ? Et comment faites-vous, personnellement pour faire entendre votre voix ?

 

Je m’y sens très bien ! Nadine Seul sait choisir les nouveaux entrants, elle sait que cela va fonctionner avec le groupe, à part une ou deux années où cela a été un peu plus difficile ! (Rires)

 

Je pense que lorsqu'on est dans le monde du jeu, on est forcément dans l'ouverture d'esprit, et du coup, c'est un vrai plaisir d'échanger et d'avoir des retours de personnes n'ayant pas le même état d'esprit que vous. On est curieux de l'autre ! Et être curieux de l'autre, c’est accepter beaucoup de choses et apprendre de lui. C'est vraiment passionnant !

 

 

10) Comment voyez-vous le jeu évoluer dans les futures années, mais également votre métier ?

 

Alors, j'arrive quand même à un âge canonique ! (Rires)

 

On ne choisit pas le jour de sa naissance, ni le jour de sa mort, mais le jeu, lui, vous accompagne toute la vie ! J'ai donc décidé de me mettre à la retraite et de continuer à gérer l'association en étant dans le conseil d'administration, afin de laisser du champ à mes collègues. Mais je serais toujours là pour gérer cette association, car j'ai une passion pour ce milieu, donc il n'y a pas de raison que j'arrête !!

C'est mon hobby en même temps que mon métier.

 

 

Et de manière plus générale, le métier de ludothécaire/ludologue, pensez-vous qu'il va évoluer ?

 

Je pense que oui car le métier de ludothécaire n'est pas reconnu, il n'y a pas de statut. On entend beaucoup dire que les ludothèques seront intégrées à des médiathèques. Cela effraie certains ludothécaires mais moi pas du tout, je trouve que c'est une reconnaissance. Cela veut dire que le jeu fait partie de la culture.

Bien sûr il faut voir dans quelles conditions cela peut se mettre en place. Le métier de ludothécaire est un vrai métier à part entière, avec une culture, un savoir être, un savoir-faire, et il faudrait embaucher des ludothécaires.

 

C'est pour ça que le terme ludologue me plaît d'avantage, je trouve que dans ludothèque/thécaire, le « thèque » est enfermant. Le jeu n'est pas qu'en ludothèque, il se joue partout, il est partout, dans la rue, dans les cafés ludiques, chez soi, partout ! Et moi ce qui m'intéresse, c'est de promouvoir le jeu partout !

11) Pourriez-vous nous parler de deux personnes du monde ludique, l'une pour ses qualités professionnelles, et l'autre pour ses qualités humaines, l'un l'enlevant rien à l'autre et vice versa ?

 

C'est très difficile pour moi de ne vous en donner que deux, j'en aime beaucoup !

 

Puisqu'on est à Cannes, je vous parlerai de Nadine Seul qui est une rencontre professionnelle mais également une rencontre sur le plan humain et amical. C'est devenu une amie. Je ne peux pas ne pas évoquer Nadine en premier.

 

Et puis, il y a Phal ! Hein ! (Rires)

 

Phal qui pour moi est quelqu'un de ...pfew... C'est un ludion, un être avec une intelligence très fine, et puis voilà... c'est un ludion, humainement...

 

Philippe des Pallières, que j'ai rencontré il y a très longtemps… J'aime beaucoup son travail... Je voudrais en citer 100, 200 autres mais surtout ça m'ennuie car je pense que certains vont être froissés ! (Rires)

 

Le but c'est plus de faire plaisir aux personnes que vous citez...

 

 

12) Je vais vous citer des personnes du monde ludique, et je souhaiterais que vous les définissiez chacun en un seul mot.

Mais vous pourrez expliquer ensuite pourquoi.

 

Matthieu d'Epenoux

 

Là vous exagérez ! (Rires)

 

Matthieu, ah la la, qu'est que je pourrais dire ? Matthieu... Touchant !

 

 

Philippe des Pallières

 

Il a du caractère ! (Rires)

 

Il le dit lui même

 

 

Nadine Seul

 

Oh la la, c'est difficile, car la professionnelle se mélange tellement au reste... Une amie, tout simplement, et c’est tout un programme !

Paris est ludique avec Frédéric Henry et son 56 ème café de la journée 

Marie Cardouat

 

Sous ses airs de gentille petite fille... Marie, pour moi, c'est la poésie !

 

Gaetan Beaujannot

 

...

 

(Rires)

 

Je ne le connais pas très bien…

 

J'ai eu beaucoup de critiques en OFF, je lui ai posé la question hier, et il m'a dit qu'il assumait son sale caractère.

 

Moi je ne le vois pas. Il est touchant car on sent qu'il a envie... On sent que son sale caractère, c'est une façade. 

 

Oui, ça cache toujours quelque chose...

 

Comment je pourrais le définir ?

Je ne dirais pas un sale caractère parce que ce n'est pas ça que je vois, mais… Je ne le connais pas bien, je suis obligée de répondre ?

 

Non !

 

Vous n'allez pas dire que je n'ai pas répondu ? (Rires)

 

Ah ben... (Rires)

Ou dire « Je ne sais pas ou je ne connais pas assez »

 

Je pense que je ne le connais pas assez !

 

 

Monsieur Phal

 

Ça m'aurait ennuyé de ne pas l'avoir rencontré...

 

Un joli compliment !

 

 

Natacha Deshayes

 

C'est compliqué car je la connais depuis qu'elle est petite.

 

C’est une battante..

 

 

Manuel Rozoy

 

(Rires)

 

Cultivé.

 

 

Yannick Robert

 

Je le ne connais pas, qui c'est ?

 

[Je lui explique]

 

Je déteste les polémiques de ce genre, je ne le connais pas.

 

 

Croc

 

(Rires)

 

Un fondateur.

 

 

Marc Nunes

 

Un lion, un aigle, un tigre ? (Rires)

 

Formidable son parcours ! Extraordinaire.

La force tranquille, ça veut dire quelque chose ? Le stratège ! Bah oui !

 

 

Catherine Watine

 

Catherine Watine... Catherine Watine... Je vous dirais l'amoureuse ! (Rires)

 

Tout à l'heure Marcus m'a dit à votre propos : Bienveillante .

 

Ah ! (Sourit)

13) Pourriez-vous nous parler d'une œuvre ou d'un auteur que vous souhaiteriez faire découvrir ou redécouvrir que ce soit dans le domaine de l'illustration, littéraire, musique, ludique... ?

J'ai une passion pour le peintre Rothko, ah Rothko ! C'est une merveille !

 

Pourquoi ?

 

C'est un peintre qui fait de grandes toiles avec de la couleur, mais quand vous êtes en face de ses toiles, elles vous magnétisent, c'est incroyable, il fait passer quelque chose...

 

Ses peintures sont vivantes, elles vous emmènent, vous montrent que l'œuvre d'un artiste est vivante, il fait passer la vie dans ses tableaux. Ce ne sont que des grandes tâches de couleurs…

Non, « tâches » ce n'est pas joli ! (Rires)

 

Ce sont de grandes étendues de couleur !

 

J'irais voir !

(Je vous conseille effectivement d'y jeter un oeil) 

Au festival Essen avec la belle Eva Szarzynski et la bête de jeu Bruno Cathala

14) Le jour où vous quitterez d'une manière ou d'une autre le monde ludique et celui de l'illustration, que souhaiteriez-vous que l'on retienne de vous professionnellement mais surtout humainement ? 

Que j'ai aimé la vie ! 

Mal... (Catherine me coupe)

Que j'ai aimé la vie grâce à toutes ces rencontres.

15) Malheureusement c'est la fin de cet entretien. En prenant en compte votre vie professionnelle mais également votre vie personnelle, êtes-vous heureuse ?

Ah oui ! (Rires)

Mais je me rends compte que le jeu c'est une attitude en fait.  C’est une attitude heureuse… Parce que le jeu vous apprend que perdre, ce n'est pas une catastrophe. C'est déjà extraordinaire ! Il vous permet d'affronter les échecs d’une façon positive, vous apprend la prise de risque.

Et après, ça se transpose dans la vraie vie. Le jeu a une influence tout à fait éblouissante sur la réalité. 

Les propos de Catherine me semblant pertinents, j'ai donc décidé en accord avec Bony, alias Mr Faic, de donner la réponse de Catherine Watine à sa question mais qui ne sera pas écrite ici.
Cela nous permet de parler de son fils, Wladimir, éditeur de Buzzy games. Je ne connaissais pas le lien de parenté entre Catherine et Wladimir avant cela, d'où le fait de ne pas en parler dans l'entretien. 

 
Catherine Watine lit la question elle-même et rigole à plusieurs reprises.

Vous n'avez pas parlé de ça ! 

Votre fils est éditeur ?

Oui c'est l'éditeur de Buzzy games.

Ah je savais pas ! 

Ça fait 3 ans... Il veut dire quoi en fait avec sa question ?

Si je comprends la question, il souhaite savoir si vous avez pensé à sélectionner un jeu de votre fils.

Ah ben non justement ! (Rires)

 

C'était il y a 3 ans, quand il a sorti le premier top face. Il n'y avait pas de jeux pour enfants et tout d'un coup, il y en a 2 ou 3 dans le jury qui me disent : « Eh ben pourquoi pas ton fils ?! »  (Rires)

Et là qu'est-ce qu'on répond ?

Ben non ! Et c'est le problème.

Donc tant que vous serez membre du jury, vous ne voudriez pas que... ?

Ah ben non ! Non ! Ce n'est pas possible ! Il faut avoir une déontologie ! 

Oui, mais il pourrait avoir un jeu qui mériterait....

Oui oui oui, mais ce n'est pas à moi de décider ça, et tant que je suis là…

Quand à Phal, il est respectueux des autres. Faut pas croire...c'est une légende quand même ! 
Que les gens viennent assister à des délibérations...

C'est une question que je m'étais posé, est ce que pour un peu retirer toutes ces rumeurs, est ce qu'il ne faudrait pas qu'il y est un reportage ou une ouverture sur comment vous travaillez ? 

Oui, une fois y a une télé qui est venu...


Peut être...


Mais bon on va partir bientôt Phal et moi ! (Rires) 


Vous serez là l'année prochaine ?

Cette année encore, et puis j'ai dit que je partirai avec Nadine.

Oui, elle m'a dit qu'elle partait.

Et puis comme on est une association, ça pourrait être quelqu'un de l'association qui pourrait reprendre... Ça a été une belle aventure mais il faut bien que ça s'arrête un jour !

Et puis peut-être que mon fils sera primé un jour ! (Rires)

Je trouve que le monde du jeu a été très fair-play parce qu'au début on s'est dit :

 

« Qu'est-ce qu’il vient faire, qu'est-ce qu’il croit ? »

Lui vient de la grande entreprise, il a fait une école de commerce, du marketing etc...

Ce qui n'est pas très apprécié dans le monde du jeu...

Il a travaillé chez Nestlé, et puis il a subi une pression, une espèce de stress terrible, il n’en pouvait plus.
Depuis tout petit, il était assez créatif, du coup il a décidé de tout laisser tomber au grand dam de son père. Et moi j'étais absolument ravie ! (Rires) 

Ça n’a pas toujours été évident, les deux premières années. On n’a pas toujours été tendre avec lui, on l'a regardé... Mais c’est derrière, tout ça, tout se passe bien aujourd’hui !

Et il fait des bons jeux !

Oui, il fait des bons jeux, qui ne plaisent pas à tous... Mais il a toujours dit qu'il ferait des jeux d'ambiance ! Alors que lui est un joueur de jeu de gestion.  
 

Visite du salon Djeco à Maison et objets

Moi, Top Face en animation, il marche très bien !

 

Et là, un auteur lui a proposé un top magie et il a dit « on arrête les top... ! »

Il a édité le jeu de quelqu'un d'autre, mais ce n’est pas évident de se battre tout seul. Il travaille avec Blackrock maintenant, il s'y occupe de la distribution, et avec son expérience, il arrive à faire beaucoup de choses. Et il adore l'atmosphère de Blackrock !

 

Alors du coup, est-ce que vous êtes en famille avec... Thomas ?

 

C'est un cousin, qui a tenté une belle expérience. Et je suis contente, car ça marche très bien !

 

Oui ! C'est la mafia Watine !

 

Oui, les gens pensent que ce sont mes deux fils ! (Rires)

 

 

Je vous remercie beaucoup d'avoir pris le temps...

 

C'est génial d'interviewer tout ce petit monde-là !

 

 

Je coupe l'enregistrement, et soudain Catherine Watine me dit : « Oh je n'ai pas parlé de Laurent Escoffier ! Faut que je parle de lui ! »

Je rallume alors l'enregistrement :

 

Alors dans le monde du jeu, il y a un être que je connais depuis longtemps, mais c'est récemment que j'ai découvert ses qualités exceptionnelles, un grand créatif qui est capable d'une grande ouverture d'esprit et une bienveillance tout à fait exceptionnelle, un grand pédagogue. J'espère que ça ira !


Merci à Nathalie Duranton et Gillen Lopépé pour leur aide afin d'organiser et publier cet entretien. 

Pour ceux qui souhaiteraient soutenir mes entretiens, voici ma page tipeee,  même un petit geste fait plaisir et vous pourrez contribuer à d'autres interviews réalisés sur des festivals (Cannes, Paris est ludique, Essen...) : 

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Merci à mes Tipeeeurs de me soutenir  : Arnaud Urbon, Bruno Faidutti, Emilie Thomas, Nicolas Soubies ,Virgile De Rais, Pierre Rosenthal, et Ludikam! 

 

Pour ceux qui souhaiteraient découvrir les précédents entretiens, mes animations ou suivre ma page facebook  : 

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Saison 1

Yves Hirschfeld
Benoit Forget
Bruno Faidutti 1ère partie
Bruno Faidutti 2ème partie
Naiade
François Haffner 1ère partie
François Haffner 2ème partie
Pierô Lalune
Timothée Leroy
Mathilde Spriet
Sébastien Pauchon
Tom Vuarchex
Vincent Dutrait 1ère partie
Vincent Dutrait 2ème partie
Christophe Boelinger 1 ère partie 
Christophe Boelinger 2ème partie
Régis Bonnessée
Roberto Fraga 1ère partie
Roberto Fraga 2 ème partie
Cyril Demaedg
Bruno Cathala 1 ère partie
Cyril Blondel
Bruno Cathala 2ème partie
Yahndrev 1ère partie
Yahndrev 2ème partie
Emilie Thomas
Sebastien Dujardin
Florian Corroyer
Alexandre Droit
Docteur Mops 1ère partie
Docteur Mops 2ème partie
Arnaud Urbon
Croc
Martin Vidberg
Florent Toscano
Guillaume Chifoumi
Nicolas Soubies
Juan Rodriguez 1ère partie
Juan Rodriguez 2ème partie
Bony
Yannick Robert
Docteur Philippe Proux
Franck Dion 1ère partie
Franck Dion 2ème partie
Franck Dion 3ème partie
Yoann Laurent
Carine Hinder et Jerôme Pélissier
Dominique Ehrhard
Christian Martinez
Maxime Savariaud
Véronique Claude
Shadi Torbey

  

Saison 2 
 

Fabien Bleuze
Serge Laget
Djib 1ère partie
Djib 2me partie
Florian Sirieix
Farid Ben Salem 1 ère partie
Farid Ben Salem 2ème partie
Julien Lamouche
Jean-Louis Roubira 1ère partie
Jean-Louis Roubira 2ème partie
Philippe des Pallières 1ère partie
Philippe des Pallières 2ème partie
Julian Malgat Tome 1
Philippe Tapimoket 1ère partie
Philippe Tapimoket 2ème partie
Théo Rivière
Reixou
Nicolas Bourgoin
Natacha Deshayes
Gary Kim 
Emmanuel Beltrando
Tony Rochon

Thierry Saeys
Lia-Sabine
Igor Polouchine 1ère partie
Igor Polouchine 2ème partie
Bernard Tavitian
Marcus 1 ère partie
Marcus 2ème partie
Gaetan Beaujannot
Jean-Michel Urien
Michel Lalet 1 ère partie
Michel Lalet 2 ème partie
Michel Lalet 3 ème partie
Christophe Raimbault
Gaelle Larvor et Nam-Gang Kim

Stefan Feld

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