Jeux Viens à Vous Philippe des Pallières 2ème partie

"Décrire Philippe des Pallières c’est comme parler d’un diamant.

Il y est brillant et possède de multiples facettes.

Il est parfois tranchant mais sait être délicat.

En tout cas, lorsqu’il est présent quelque part, il ne passera jamais inaperçu. 

Un diamant je vous dis…

 

Philippe est ce que l’on appelle un « personnage ». Depuis plusieurs dizaines d’années, il vit le monde du jeu de société dans ses tripes, dans quasiment toutes les fonctions, auteur, éditeur, directeur de collection, directeur artistique… il a même possédé une boutique. Je pense que peu de personnes peuvent se targuer d’être à ce point imprégné de cet univers. Sa connaissance de notre microcosme est vraiment impressionnante.

 

C’est d’abord comme auteur qu’il a exprimé plusieurs des facettes de sa créativité. Dans nombreux de ses jeux, on trouve un mélange de poésie et d’humour quelque peu ironique. Que l’on ressent tout particulièrement dans le mythique « Objets trouvés ». Il y a une patte et un univers Philippe des Pallières. 

J’ai eu la chance de faire naître avec lui toute la famille des Loups-Garous de Thiercelieux dont nous sommes les deux papas comblés et cette petite saga a réellement bénéficié de sa profonde expérience d’auteur.

 

Il est maintenant essentiellement éditeur. Un éditeur amoureux des jeux. Amoureux des jeux qu’il a décidé d’éditer. Grâce à lui, par exemple, mon jeu Skull existe dans la plénitude de ce qu’il pouvait devenir. Pour lui un jeu est un plus qu’un objet, c’est un petit univers, qu’il prend le temps de polir et repolir pour qu’il devienne un bijou. 

Et pourquoi cela? et bien parce que Philippe a d’abord été un « théâtreux » et qu’il l’est toujours. Le jeu est pour lui une façon de mettre en scène une émotion.

 

Il défend tous les jours une certaine vision du jeu de société dans le respect des auteurs et les illustrateurs. Ce combat n’est pas toujours facile à mener, il est souvent épuisant et parfois mal récompensé. Je crois que certains lui reprochent une expression un peu trop impliquée de ses certitudes, mais je conseillerai à tous ceux gravitant dans notre milieu d’écouter ce qu’il exprime. Il y a toujours quelque chose de bon à prendre dans ce qu’il veut nous dire. Une grande partie de l’auteur que je suis est le résultat de notre rencontre.

 

Philippe des Pallières est un véritable amoureux des jeux, il fonctionne à l’affect. C’est aussi une forte personnalité avec qui il faut parfois savoir défendre son point de vue, cette personnalité occupe de la place, oui, mais cette place il la mérite!"

Hervé Marly spécialement pour Jeux Viens à Vous




9 A) Vous disiez dans une interview l'année dernière qu'Asmodée, votre distributeur était devenu un monstre, quelle relation avez-vous avec votre distributeur cette relation a t-elle changé au fil des années et du grossissement d'Asmodée ? Qu'est ce que cela a changé pour vous que Marc Nunes, Croc, et Philippe Mourret quittent le navire ?

 

Oui bien sur !

Marc je l'ai connu quand il avait la petite vingtaine d'années et qu'il venait me demander pour son patron quelques conseils sur la publicité. C'est pas grâce à moi qu'il est devenu ce qu'il est mais ça me fait marrer de voir où ce petit gars est arrivé. C'est un vrai joueur, un vrai passionné.

Philippe Mouret c'est la première personne que j'ai rencontré dans le milieu du jeu, il travaillait à la ludothèque de Boulogne. C'est des gens qui sont fous de jeux ! Ils ne le diront pas tout le temps...

Croc quand je suis arrivé dans le milieu du jeu était déjà là.

 

Alors c'est sûr quand Asmodée s'est créé il y avait ces 3 personnes, j'allais les voir, on était copains, on jouait ensemble aussi.
A chaque fois que je les voyais grossir, j'étais à la fois content pour eux, et à la fois affolé.
Pendant super longtemps ça été super bien géré, et puis aujourd'hui Marc a pris du recul, il est plutôt dans la filiale qui fait des jeux, et ça lui va bien. Il a pas complètement perdu....pour l'instant il regarde un peu ce qui se passe quand même.

 

C'est indéniable que des gens qui ne sont pas là pour les mêmes raisons que nous ne pensent pas comme nous, et donc quand on discute avec les actionnaires d'Asmodée, on a pas exactement la même philosophie, mais c'est complètement évident . C'est normal !

 

Moi j'ai juste à me soucier de savoir si ma société a à faire avec ça, chaque année je regarde, et chaque année je me dis oui ou non.
Pour le moment je me dis oui, parce que ….il faut pas cracher dans la soupe non plus! Sans Asmodée le milieu du jeu à la française n'existerait pas, sans Marc Nunes, sans Philippe Mouret, sans Croc et quelques uns qui tournaient autour d'eux, quelques uns d'entre nous, sans une dizaine de personnes le milieu du jeu n'existerait pas !

 

Et Marc Nunes a été celui qui économiquement a le plus fait pour structurer le fait que des jeux de société intelligents , amusants, extraordinairement sympathiques, avancent sur le marché et prennent la place industrielle des objets dont ils se foutaient un peu... Donc on ne peut pas critiquer ça !
Après, c'est sûr Asmodée ça grandit, aujourd'hui c'est une énorme machine, c'est une machine internationale en plus, donc est-ce que la France va être aussi importante qu'elle a été les 10 dernières années dans le monde du jeu de société ?

Le jeu à la française c'est peut être fini...on sait pas.... Les auteurs français rayonnaient dans les prix, les éditeurs français étaient distribués partout dans le monde, le jeu à la française a plu, après le jeu à l'allemande, et peut-être avant le jeu à l'américaine qui ressemble plus à du produit dérivé....

 

Et puis, je sais pas quoi dire...c'est plus le problème du capitalisme en général. Le capitalisme ne se satisfait pas de stabilité, il faut grossir ou disparaître, ça c'est un gros problème pour moi !

 

 

9 B) L'association des éditeurs grandie, c'est quelque chose d'important pour vous malgré le fait d'être distribué par Asmodée ? Quelle importance à pour vous l'association des éditeurs ?

 

Je vois pas pourquoi malgré Asmodée....

 

Est ce que le fait de créer une association des éditeurs ça rentre ou pas en conflit avec un distributeur. Je sais qu'y a des éditeurs qui veulent se distribuer eux-mêmes, est ce que vous y avez penser ? Est ce que l'association prend de l'importance par rapport à Asmodée ou les 2 vont très bien ensemble ?

 

J'ai accepté de faire partie de l'association des éditeurs parce qu'il y avait 2/3 personnes avec qui j'ai une communauté de pensée et qui défendaient, une chose importante, c'est le fait de « Gagnons le statut d'éditeur ».
Pour gagner ce statut et avoir le droit de s'appeler éditeur et pas fabricant, il faut qu'on publie le produit des auteurs et que donc nos auteurs soient officiellement reconnus comme des auteurs, ce qui n'est pas le cas pour beaucoup d'entre nous.
Je fais partie de certains heureux qui ont réussi à être reconnu comme auteur pour des raisons d'objet semi-littéraire que j'ai fait...Etc...parmi d'autres... Mais tous ne le sont pas !

 

 

S'il n'y a pas d'auteur, il n'y a pas d'éditeur, et du coup ce qui me tient le plus à cœur c'est d'être reconnu comme un domaine culturel important et de reconnaître les auteurs comme des artistes de plein droit parce que moi j'ai fait 9 ans d'études d'art, je suis un artiste et j'ai pas changé de position. C'est pas parce que je suis un artiste qui bosse sur des jeux de société que je ne suis plus un artiste et que ce que je produis n'est pas de l'art. Voilà pour quoi je suis rentré dans l'association des éditeurs.

 

Si on veut être reconnu comme éditeurs, il va falloir bosser pour que les auteurs soient reconnus et que les éditeurs du coup soient leurs porteurs de projets.
Ça n'a donc rien à voir avec un conflit avec Asmodée même si et là vous avez raison sur une petite partie, je pense qu'Asmodée a toujours pensé qu'on s'en foutait complètement de savoir si on était des artistes ou pas mais moi je m'en fous pas.
Chacun son chemin , chacun son obsession, Asmodée ne fait rien contre l'association des éditeurs mais n'a pas envie de s'en mêler.
Je trouve cela un peu dommage surtout qu'il y a au sein d'Asmodée maintenant un certain nombre de boîtes d'édition importantes, Space Cowboy c'est une filiale mais il y a des boîtes rachetées à droite et à gauche, il y a du fort potentiel créatif à l'intérieur !

 

 

 

 

Mais pour moi c'est le but de cette association des éditeurs à laquelle malheureusement je ne participe pas beaucoup cette année car je suis en plein dans mes recherches. J'ai beaucoup été présent la première année, la seconde je suis un peu lâche ! Donc cette association sert à cela.

 

J'ai fait éditeur pour que certains de mes objets soient publiés , pour amener au bout certains objets mais chacun son travail, je vais pas faire non plus distributeur, certains le font très bien. Certains éditeurs se distribuent je sais pas si c'est bien ou pas, mais même si j'avais 20 ans de moins je ne crois pas que je me ferais chier à faire une boîte de distribution, car là c'est vraiment pas mon métier.

 

Par contre mon métier c'est de garder contact avec chaque point de vente, avec chaque magasin, chaque fois que je rentre chez quelqu'un, je me présente, j'essaye de parler de leurs goûts, de défendre les jeux dans le magasin mais c'est un travail normal d'auteur, d'éditeur... J'ai toujours trouvé que c'était très important de s'occuper de toutes les étapes mais pas de devenir distributeur.

10) Je parlais avec Juan Rodriguez du thème du jeu, et que notamment le monde ludique, qui se veut parfois un art, n'aborde que très rarement des thèmes graves, alors que la littérature, la musique ou le cinéma le font plus couramment Le jeu doit t-il se politiser, s'affirmer ou bien doit-il rester simplement un loisir plus léger selon vous ?

 

C'est un truc très délicat !

Le premier jeu que j'ai fait, Armada, c'était pour dénoncer la politique coloniale de l'occident. Et puis les gens ont adoré jouer à casser des indiens et du black. (Rires)

Le problème du jeu, c'est que ça joue sur des pulsions, des envies, des catharsis. La politique est importante et ce qu'on pense passe par le jeu ! J'en suis sur !

Vous connaissez sûrement un personnage des loups-garous dont je suis très fier qui s'appelle Cupidon et qui fait en sorte que les gens tombent amoureux. Et je peux vous dire qu'avec Hervé on était très conscients de ce qu'on a fait quand on a dit que c'était pas les garçons avec les filles et les filles avec les garçons, et qu'on pouvait tomber amoureux de tout le monde !

C'est une chose qu'on a fait il y a 17 ans et je me sens en partie responsable que cette idée passe dans la population , et que pour les enfants de l'époque on a fait des adultes qui trouvent ça naturel pour un garçon de tomber amoureux d'un garçon . Il y a énormément de politique dans ce que je fais. Objets Trouvés dit énormément de choses dans le choix des choses, ce que je fais, etc...


NdlR : Il est difficile de faire un jeu ouvertement politique en revanche on peut essayer de proposer un jeu permettant de tester nos pulsions dont les conséquences sont politiques. C'est le cas par exemple dans l'un des premiers jeu de Philippe des Pallières, Armada, où le joueur incarne un colon qui peut exploiter les indigènes et leur voler des ressources. Ce jeu permet de s'interroger sur les conséquences de la colonisation et les pulsions révélées par cette démarche.

Le fait dans Skull de travailler avec l'idée même du crâne c'est oser ne pas être léger. Je tire un peu loin mais c'est très très important de choisir ses thèmes.

 

L'une des qualités de ce jeu, les Poilus, c'est que justement sans s'appuyer sur les autres vous ne pouvez pas gagner, mais vous ne le comprenez pas de suite si vous voulez sauver votre peau, et justement si vous voulez sauver votre vous perdez la partie ! Ça c'est une grosse qualité de ce jeu.

 

Dans les Loups-garous, j'ai crée un personnage dont je ne me rappelle jamais le nom, ça m'énerve ! Il est dans l'extension Personnages, et il déteste tout ceux qui ne lui ressemblent pas. Le meneur de jeu choisit un caractère, les lunettes, le genre, etc...et ce personnage doit éliminer tous ceux qui ne sont pas comme lui !

NdlR : l'abominable sectaire

 

Je peux vous jurer que je l'ai fait en connaissance de cause et en pensant à des gens. Y a des hommes politiques, et peut être même des femmes... Donc ce personnage dont je retrouverai le nom un jour est là pour ça ! Et il est là pour ça, dans un jeu ayant déjà du succès , on a pris le risque de dire des choses même si c'est un objet assez vaste !
Donc oui c'est important !

Philippe des Pallières et Les Forbans en tournée à Cannes



11) Une question un peu plus ludique, comment définiriez-vous en un mot, oui un seul, chacune des personnes suivantes : 

 

Note : Philippe des Pallières n'a pas souhaité répondre à 4 autres noms que je lui avais proposé pour des raisons qui lui sont propres et que je respecte.

 

Bruno Faidutti 

 

Un mot ça suffit pas ! C'est trop compliqué.

Je vais dire camarade.

 

C'est quelqu'un que je connais depuis le début et qui est très particulier et qui est l'une des rares personnes qui va aider les gens sans aucun calcul.
Dès qu'il peut rendre service à quelqu'un de son milieu, il le fait sans s'en attendre rien ! C''est l'essentiel même de ses qualités.

Il a quelques défauts comportementaux mais qui sont tellement peu de choses à côté de cela.

 

C'est une qualité rare ce que vous dites !

 

Ouais !

 

Frédéric Henry 

 

Y a plusieurs mots ! Moi je vois de la fumée qui lui sort des oreilles ! (Rires)

 

Je l'ai connu il était très jeune, j'ai cette image...ouais c'est une bouillotte ! Euh non une bouilloire !
Une bouilloire !

 

Il peut ressembler à une des composantes de ce que j'étais en arrivant dans ce milieu. Ce que j'aime chez lui c'est qu'il est à la fois plein d'ambition et assez respectueux de ce qui s'est fait avant, et ça les vieux cons aiment bien ça ! (Rires)

 

Docteur Mops

 

Ahlala... Adorable autodestructeur
C'est un garçon extraordinaire et très souffrant et plein d'idées et un peu velléitaire. Très tendre, il est très attachant...et pour l'instant nous sommes fâchés à mort !



 

Hervé Marly

 

Il est à la fois mon grand frère et mon petit frère. C'est un comparse.

C'est très très dur de rester ami avec quelqu'un avec qui on partage des sujets d'argent importants. Et c'est le cas !

 

On est resté très amis, on est très proches, on est presque plus proches qu'au moment de commencer cette aventure.

Une mouette confirme à nouveau les propos de Philippe Des Pallières.

 

Ca n'a pas toujours été le cas pour moi avec des gens quand il a été question d'argent, évidemment les Loups-Garous c'est devenu un objet important et ça pas nuit à notre relation. Ça c'est important.

 

Marc Nunes

 

Respect.

C'est un des premiers jeunes cons que j'ai respecté. C'est quelqu'un de très droit, d'exagérément droit, et il est très reconnaissant avec les gens et très rancunier avec ceux qui lui font fait du mal.

Sans l'existence Marc Nunes la société Lui-même n'existerait probablement pas, car il me fallait un partenaire en qui j'ai eu confiance pendant longtemps pour ça.

Tom Vuarchex

 

C'est que des gens que j'aime bien en fait !

Très généreux aussi, très généreux.

 

Je suis très content qu'il y ai des gens comme lui dans le monde du jeu, car les artistes sont en train de se barrer de ce monde, des gens comme Vuarchex, Mops, Phal, Dominique Ehrhard c'est des artistes, et je le revendique aussi.

Avec Tom, on bosse ensemble, pas trop pour ne pas se fritter mais c'est quelqu'un qui donne tout quand il bosse sur un projet comme si c'était son projet, d'ailleurs ça devient son projet !

C'est hyper facile, ça va jusqu'au bout !

La recherche est absolue ! Alors il a le même confort que moi, il n'a pas de besoin, il n'est pas pressé par le temps pour payer son loyer.

C'est comme ça que l'histoire de Skull a marché ! On a bossé presque un an dessus.

 

Sur Mafia de Cuba il a donné un temps énorme, merveilleux, parfois il m'a même fait chié parce qu'il voulait faire des dessins supplémentaires à des endroits, j'avais du mal à m'opposer à lui....etc...

Du moment qu'il prend un sujet entre les mains, il plaisante pas, y a quelque chose d'énormément authentique chez lui.

Pendant longtemps des gens ont cru que c'était le petit veinard qui avait tiré le gros lot avec Jungle speed, et on s'aperçoit du talent qu'il a comme Designer, c'est un vrai designer !

Croc

C'est le tendre inconnu. On ne se connaît pas.

Je crois qu'il m'a détesté pour commencer car j'ai travaillé assez vite dans une entreprise avec laquelle il était en froid, quand j'ai travaillé à Chroniques d'Outre Monde et il m'en voulait parce que je travaillais avec ces gens là, qu'il avait eu un différend sur un sujet d'article à propos d'un de ses jeux.

 

On a mis très longtemps à s'apprécier, à s'approcher, et comme on est grande gueule tous les 2 y a des moments... mais on se respecte.

 

 

Loic Lamy

 

Très tendre, j'aime beaucoup ce garçon.

C'est l'enfance incarnée.

Il est toujours très enfant, en le sachant très bien, il décide de le vivre. C'est très agréable de travailler avec lui.

 

On a une histoire très bizarre, c'est d'abord un illustre inconnu qui m'appelle car il fait un stage dans une boîte et qu'il a besoin d'images des Loups-Garous.

On parle un peu, je lui conseille d'aller voir un type qui s'appelle Boîte à Jeux pour jouer sur ordinateur , il en est maintenant un des cadres 15 ans après.

C'est quelqu'un qui m'a avoué être arrivé dans le monde du jeu par La Guerre des Moutons, donc ça m'a touché.

 

On se voyait souvent, on voyait ses petits projets gentils, et puis quand j'ai vu un jeu qui à l'époque s'appelait « Vide tes poches ! » et qu'il devait faire avec un éditeur aujourd'hui disparu, je lui ai dis : c'est dommage, tu serais venu me voir, ça m'intéressait »

Et comme l'éditeur a disparu, il est venu me voir et on a fait Mafia de cuba ensemble, même si ça été très loin.

 

C'est un super auteur pour bosser avec moi, quand vous lui demandez un changement mécanique il bosse dessus comme un dingue, quand vous lui demandez d'autres types de personnages il bosse dessus comme un fou.

Il accepte énormément la place que prend un éditeur invasif comme moi mais concerné ! Il est très à l'écoute de ce que l'autre dit, il est très en réponse.

 

Je voudrais bien être un de ses élèves car il est instit et ça doit être bien ! (Rires)

Exposition au Quai vert à Frossay

 

Ian Parovel

Je ne connais pas bien mais j'ai hâte de le connaître !

 

Vincent Dutrait

 

Un très grand professionnel !

Il est très tendre aussi, j'aime beaucoup son personnage.

En fait on s'est vu très peu ! Puisqu'il habite en Corée du sud.

On s'est vu une fois à Indianapolis, deux fois à Essen, et pour le reste du temps on se voyait par Skype. Ca à été mon premier et mon seul boulot par Skype intégral.

 

C'est très agréable de travailler avec lui, c'est un vrai professionnel, il répond bien à la demande, j'aimerai le connaître plus aussi car par Skype on sait pas tout.

 

Philippe Des Pallières

 

Ah.... n'importe quoi !

Je suis incapable de parler de lui ! Incapable !

Comment le définir lui ?? Je sais pas...

Insatiable ? Insatiable ! Ca marche pour plein de choses !


 

Vous disiez en parlant de Loic Lamy, il accepte la place que prend qu'un éditeur invasif comme moi.

C'est difficile de travailler avec Philippe des Pallières ?

 

J'en sais rien, mais je pense qu'un vrai éditeur prend de la place sur un projet, mais il prend de la place si elle est a prendre.

C'est à dire que ça ne m'est jamais arrivé qu'on me donne un jeu tout fini, prêt à être édité. Mais est-ce que ça s'appelle éditer dans ce cas là ? Editer pour moi c'est s'occuper de la fabrication d'un objet que quelqu'un a conçu complètement.

 

Par contre ça m'est arrivé d'arriver chez un éditeur avec un projet complètement terminé, pour la Guerre des Moutons, ce qu'a mis Asmodée c'est un logo ! (Rires)

Avec l'illustrateur et la maquettiste, on travaillaient à Thiercelieux dessus tous les 3 et on leur a envoyé des films. Mon premier jeu j'ai trouvé un illustrateur, j'ai fait les dessins des bateaux etc...

Au départ je suis un auteur/éditeur , ce qui n'est pas le cas de tout le monde !

Y a des auteurs avec lesquels, ça serait difficile...mais non j'ai le cas avec Dominique Ehrhard avec lequel j'ai travaillé sur Boomerang et qui est pourtant capable aussi de produire des images avant.

 

Je ne suis pas sur que ça soit difficile, en tout cas j'ai pas le souvenir de conflits irrémédiable.

Si je pense que je suis chiant dans la disponibilité des auteurs pour faire don de leur corps au public, et pour ça y en a qui sont fabuleux, Hervé dit toujours oui, Loic également, Tom aussi...y en a d'autres qui le font moins et qui peuvent trouver ça chiant que je leur demande d'être présent là, là et là...

Mais parce que je pense qu'on doit être là pour rencontrer le public. Oui sur cette partie là je peux être chiant.

 

Je suis chiant avec les employés, je suis très chiant car je monte vite, pour moi un détail qui ne marche pas peut être très important et puis je change de sujet comme de chemise, je ne suis pas un vrai patron ! Je ne suis pas du tout un manager, je suis peu présent au bureau. Ouais je pense que c'est les gens qui travaillent avec moi en permanence qui doivent en chier le plus.

12) Pourriez-vous nous parler de 2 rencontres importantes à vos yeux dans le monde ludique, l'une pour son côté professionnel et l'autre pour son côté humain ?

 

Y a deux personnes qui me viennent en tête mais parmi plein de gens donc c'est un peu dur. Je me rappelle de Jean-Jacques Bloch qui est le père de Frédéric Bloch qui est co-auteur avec moi de Savannah Café. Jean-Jacques Bloch je l'ai connu dans les années 80 car j'ai commencé dans le jeu comme ….illustrateur !

Vous saviez pas hein ?! (Rires)

 

Euh non !

 

J'étais en école d'art, et pour bouffer je faisais la mise en forme de certains des protos de ce monsieur. Et puis je suis intervenu sur les règles car je trouvais qu'elles étaient moyennes (Rires) et je lui ai dit « Vu que j'ai fait les règles je dois être plus payé. »

Il m'a répondu « Bah non puisqu'on avait convenu un prix et toi tu t'es mêlé des règles, par contre si le jeu est pris je te file ce que je te dois ! »

Et le jeu a été pris.

Il m'a fait connaître le concours de Boulogne, il m'a poussé à y aller, il m'a mis le pied à l'étrier. Il avait 60 balais quand j'en avais 25 et c'est ce que j'essaye de faire de temps en temps avec des jeunes en me rappelant de ce qu'il avait fait. C'est quelqu'un qui facilite l'ouverture, qui montre vaguement le chemin à quelqu'un.

Ce gars était spécialiste de cryptologie dans Jeux et Stratégie, c'était un grand ancien, copain de Sid Sackson, complètement fou de poker, amateur de plein de jeux bizarres...

Jeu en plein air réalisé par Philippe des Pallières à l’occasion du festival Nantais « Jour de fête ». 

 

 

Le deuxième, on a parlé de Marc Nunes donc on va le laisser tranquille un peu, mais y a Michel Lalet aussi qui a été un de mes patrons brièvement parce que je ne suis pas un salarié facile, je suis resté 11 mois à Abalone, Michel Lalet donc, l'un des auteurs d'Abalone, qui a été agent, auteur et chef d'entreprise.

 

Quelqu'un a qui j'ai parlé de mes projets dans des moments où c'était important d'avoir un avis sérieux, qui m'a ouvert beaucoup de portes quand je suis arrivé à Nuremberg dans le monde professionnel du jeu, il a fait partie de ces gens toujours prêt à donner un coup de main quand j'en avais besoin.

 

On a toujours besoin de gens pour nous aider, faut juste savoir s'en rappeler.

 

 

13) Pourriez-vous nous parler d'une œuvre (littérature, musique, peinture, ludique...) ou d'un auteur que vous souhaiteriez faire découvrir ou redécouvrir aux lecteurs ?

 

Là comme ça, c'est un peu difficile...

On va parler d'un truc que j'ai lu y a pas longtemps, une bd que je trouve sublime qui s'appelle l'Aimant, j'ai pas le nom de l'auteur (Edit : Lucas Harari), qui a été un choc pour moi !

 

Frédéric Pajak, vous allez comprendre pourquoi... il est dessinateur, écrivain et éditeur, et mène ces 3 activités de fond depuis très longtemps, il a fait partie de pas mal d'aventures. Il faut redécouvrir l’œuvre de Frédéric Pajak ! C'est un grand dessinateur, il dessine très bien et c'est un sacré éditeur.

 

J'irais voir.

14) Imaginez une soirée ensemble, mais nous ne nous connaissons pas ou très peu, je vous propose de jouer à 3 jeux dans le but d’apprendre à se connaître, lesquels me proposez-vous et pourquoi  ? 

 

Ca m'intéresse pas cette question...(Rires)

 

D'accord

 

Je suis désolé !

 

Pour les jeux, ça dépend des gens donc quand on connaît pas, on approche et on montre des jeux différents, il y a tellement de choses qui interviennent dans le choix d'un jeu, y a pas de recette toute faite, c'est très compliqué de répondre. Désolé !

 

Pas de soucis, c'est une réponse comme une autre !

 

On en vient aux deux dernières questions, mais vous avez parlé plusieurs fois que vous étiez artiste, et je n'avais pas prévu de question par rapport à ça est ce que vous avez envie de rajouter quelque chose à ce sujet ?

Oui, j'ai fait des études d'art et dès le début le ludique a fait partie de mon travail, et dès le début je m'en suis pris plein la gueule par mes profs qui me disaient que c'était des conneries . Après j'ai travaillé beaucoup, dans l'art et l'aléatoire, des choses comme ça...donc oui c'est très présent pour moi.

J'aurais pu être auteur de jeux ou plasticien ludique, il se trouve qu'aujourd'hui énormément de plasticiens et d'artistes travaillent avec une idée du jeu sans vraiment travailler sur le jeu lui-même, plutôt avec des éléments du jeu, et que cela devient très mode.

 

Pour moi c'est quelque chose d'important, la notion d'artiste c'est une notion qui va s'opposer à celle d'ingénieur, mécanicien...je revendique être un auteur car on amène un univers avant toute chose ! On utilise des mécaniques ludiques mais ce n'est pas ça qui nous définit.

Ce qui nous définit c'est d'amener dans un univers des gens et c'est ce qui a fait avancer le jeu de société dans les années 70/80 où il y a eu des mouvements beaucoup plus mécanistes et où il manquait cette âme qui donne envie d'aller participer à ces choses là.

 

Je pense que dans les éditeurs contemporains, y a cet esprit artiste qui est important, soit qui se revendique, soit qui revendique que l'objet sur lequel ils travaillent est une œuvre d'art même si eux ne se revendiquent pas comme artistes.

 

Je pense que la grande chance qu'on a aujourd'hui c'est d'avoir un grand nombre éditeurs/auteurs ou d'éditeurs qui ne sont pas auteurs mais qui font tellement de choses qu'à mon avis ils sont aussi auteurs et qui fait que le monde du jeu propose des objets très aboutis, très riches, et là je peux citer des Ludonautes, des Repos prod même si c'est un peu moins dans cette direction, Libellud, Bombyx qui fait des objets incroyablement ambitieux esthétiquement etc...

Je pense que c'est la vraie qualité du monde du jeu français, c'est cette envie .

Tant qu'on aura pas cette reconnaissance d'artiste, on sera toujours obligé de faire des objets commerciaux, Dans le domaine littéraire il y a des aides pour toucher peut être moins de gens mais qui toucheront plus tard plus de gens, dans le domaine de la bd, du théâtre, dans les arts plastiques, du cinéma il y a des aides....

 

Dans le monde du jeu de société y a pas d'aide nulle part ! Donc quand vous concevez un objet qui va être fabriqué, il faut que vous soyez sûr qu'il soit acheté et donc ça entraîne le fait que des objets avec des exigences artistiques fortes n'existent pas puisque qu'ils ne rencontreraient pas forcément tout de suite leur public et donc ils seraient des objets qui menacent l'existence des maisons d'éditions.

 

Le paradoxe avec l'art c'est la subvention, j'estime qu'en ayant appris à faire sans subvention à faire un art qui devait plaire...

NdlR : Dans l'art plastique, ou le spectacle vivant par exemple, vous pouvez être subventionné et proposer des choses sans chercher forcément le succès financier, ce qui est bénéfique au milieu et soutien la création. Cependant cela peut parfois donner lieu à une certaine dérive , où les financeurs sont toujours courtisés par les mêmes subventionnés qui s'assurent que les premiers restent élus. Ça fausse le jeu. La même chose n'existe pas dans le monde du jeu. Ici, votre seul juge est le public. On ne peut pas faire plus impartial ! Cependant il faut une certaine solidité financière pour se permettre de prendre des risques, ce qui pour le coup, n'encourage pas beaucoup la création.

 

Et c'est pas mal non plus ! (Rires)

C'est à dire que si on avait pas d'acheteur, on finissait à la poubelle. J'ai un frère cinéaste, il ne met jamais un centime dans ses films, y a des producteurs qui vont chercher des fonds européens, des machins, des trucs et le film est financé, et ça coûte des millions... Bien sûr s'il n'a pas du tout de spectateurs, la fois d'après on lui dira « C'est pas sûr qu'on finance votre film » mais voilà...

Je pense qu'on a besoin de plus, même si ça a eu du bon de nous cantonner au petit commerce, je pense que l'on devrait essayer de valoriser l'aspect culturel du jeu maintenant. Je me sens artiste dans ma manière de travailler, dans mon être entier, et je voudrais que ce que je fais corresponde.

 

Je sais pas si j'ai été clair !

15) Le jour où vous devrez quitter le monde du jeu, d’une manière ou d’une autre, que souhaiteriez-vous que l’on retienne de vous en tant que professionnel mais également en tant qu'être humain?

 

Faudrait déjà que le monde du jeu existe ! (Rires)

 

Le jour où je devrais quitter le monde tout simplement ! Il y a pas longtemps Oriol Comas, qui me demandait pour son livre, ce que je voulais rajouter pour ces dernières années : oui je veux revendiquer ce métier d'éditeur comme celui d'auteur, aussi important et comme une continuation de celui d'auteur. C'est ce que j'essayais d'expliquer quand vous faites un jeu, et que vous le sortez vous avez l'impression de passer le bac, et quand vous êtes éditeur et que vous publiez un jeu, vous avez l'impression que votre enfant passe le bac. C'est la même importance.

 

Et depuis que je suis éditeur pour les jeux des autres, je travaille beaucoup plus sur leurs jeux que j'ai jamais travaillé sur les miens. C'est comme si travailler sur la matière de quelqu'un me nourrissait plus que de chercher quelque chose en moi comme point de départ.

En fait...

 

La communication coupe, je rappelle Philippe Des Pallières

 

Je ne vous entendais plus et ça a coupé

 

Oui je suis parti sur la plage

C'est con je disais un truc intéressant !

 

En fait je ne sais pas si vous connaissez un écrivain qui s'appelle Perec qui était un fou de jeux de société d'ailleurs et qui pour se créer des contraintes pour écrire des romans il inventait des choses, et il a notamment écrit un bouquin, La disparition, où il s'était obligé à ne pas employer la lettre E. C'est d'ailleurs un mec extraordinaire...

 

La conversation devient inaudible

Pour moi c'est comme un livre de Perec, quand quelqu'un arrive avec un jeu même si c'est un embryon, ça me recrée l'envie de faire tout ce que je peux pour que cet objet soit puissant et fonctionne. Je ne sais pas si j'aurais autant de plaisir à traduire un jeu comme le font certains de mes collègues, pour moi ce n'est pas de l'édition, c'est comme de la distribution.

 

Aujourd'hui ça me fait plus plaisir de travailler sur un objet commencé que de partir à zéro sur un objet.

Peut être est ce l'angoisse de la page blanche...peut être est ce aussi un peu ce que vous disiez tout à l'heure, j'ai été très blessé que mon jeu Objets Trouvés ne trouve pas plus de succès et depuis je n'ai pas bossé que sur des nouveaux jeux, j'ai tellement espéré qu'Objets trouvés ait l'histoire des Loups-Garous que j'ai pas trop envie de me remettre à bosser à zéro... et la rencontre avec les autres me crée plus de désir, voilà c'est tout....

 

Je sens une certaine amertume dans sa voix

16) Malheureusement, c’est déjà la fin de cet entretien, Philippe, en prenant en compte, votre vie professionnelle et personnelle, êtes-vous heureux  ?

 

Oui, oui oui... enfin je sais pas...

 

Le mot heureux c'est très compliqué... je suis satisfait d'avoir fait une grande partie des choses que je souhaitais faire, et maintenant je suis dans une période où il faut que j'essaye de désirer autre chose...

 

Voilà c'est important, je suis complètement heureux que ce que vous appelez le monde du jeu soit né, j'en suis un des grains de sable avec un certains nombres de collègues qui ont fait que ça existe. C'est quelque chose en lequel je croyais et sur lequel pas beaucoup de monde dans la population n'aurait parié un centime, le monde du jeu.

 

Ça c'est vraiment chouette que ça existe !

Je suis très content d'avoir pu vivre de mon travail, car au début c'était parallèle, même si j'ai travaillé chez des professionnels du jeu mais je ne faisais pas mon vrai travail qui est d'être auteur et maintenant éditeur.

Se dire qu'on vit de son travail c'est juste merveilleux.... mais on veut plus !

C'est quoi la suite ?

 

Mon rêve là c'est vraiment le jeu spectaculaire, des choses grandeur nature, j'ai envie de travailler là dessus....

 

Je vous remercie pour cette interview , je suis désolé d'avoir été si long à être disponible !

 

Pas de soucis !

 

Qu'est ce que vous faites dans la vie ?

 

Avant j'étais infirmier, j'ai crée ma société d'animation Jeux Viens à Vous y a 2 ans et je vais dans les écoles, les maisons de retraite, les festivals pour animer les jeux de société !

 

C'est marrant car j'ai un très bon copain belge qui était infirmier avec sa femme, et ils ont un magasin de jeux. Au début ils ont amené le jeu à l'hôpital pour s'occuper des enfants, puis après ils sont venus complètement dans le monde du jeu.

 

C'est pas toujours facile d'amener le jeu à l'hôpital. Le monde hospitalier n'est pas toujours....c'est compliqué !

 

Si vous venez à Cannes, je vous les présenterai, ils viennent tous les ans.

 

Entendu !

 

A bientôt !

 

Je vous remercie beaucoup Philippe Des Pallières

N'ayant pas encore été contacté à l'époque par monsieur F. Faic, j'ai transmis la question par la suite à Philippe des Pallières qui n'a pas souhaité y répondre.

 

 

La question de Mr F. Faic

 

J'ai beau m’imaginer assez grand et sportif, vous m'impressionnez Monsieur Des Pallières. Mon instinct de survie me dicte de vous ménager, en fait, il me crie "MAIS COURS, SI TU LE VANNES, IL VA TE BROYER"...mmm...

Mais je suis là pour vous poser ma question qui démange... et si on disait que vous n'allez pas me chasser, me chopper par les oreilles et me dépecer pour vous faire un ragout avec mes râbles ok ? ok? j'ai pas entendu???... Bon, il y a eu un éclair dehors, je suppose que ça veut dire "ok". 

 

Ma question : Vous avez aidé beaucoup de monde, vous avez su faire votre place, aujourd'hui, vous avez de l'influence, vous êtes respecté et même des fois, un peu craint (sisi, et bien, moi, par exemple, je vous crains), cette réputation vient du fait que vous ne passez pas par quatre chemins quand on piétine vos plate-bandes, vous savez rétorquer. Et pourtant, aussi balèze que vous soyez, vous n'êtes pas a l'abri d'une bourde.

Alors, C'est quand la dernière fois que vous vous êtes bien planté avec quelqu'un? et si vous profitiez de cette tribune pour vous excuser, ça donnerait quoi ?

La semaine prochaine, un épisode un peu spécial avant les fêtes....
Ce sera le premier épisode d'une belle aventure que nous suivrons au fil des prochains mois....

Pour ceux qui souhaiteraient soutenir mes entretiens, voici ma page tipeee,  même un petit geste fait plaisir et vous pourrez contribuer à d'autres interviews réalisés sur des festivals (Cannes, Paris est ludique, Essen...) : 

Ma page Tipeee 
 

Merci à mes Tipeeeurs de me soutenir  : Arnaud Urbon, Bruno Faidutti, Emilie Thomas, Nicolas Soubies ,Virgile De Rais  et Pierre Rosenthal! 

 

Pour ceux qui souhaiteraient découvrir les précédents entretiens, mes animations ou suivre ma page facebook  : 

http://www.facebook.com/jeuxviensavous/
 

Saison 1

Yves Hirschfeld
Benoit Forget
Bruno Faidutti 1ère partie
Bruno Faidutti 2ème partie
Naiade
François Haffner 1ère partie
François Haffner 2ème partie
Pierô Lalune
Timothée Leroy
Mathilde Spriet
Sébastien Pauchon
Tom Vuarchex
Vincent Dutrait 1ère partie
Vincent Dutrait 2ème partie
Christophe Boelinger 1 ère partie 
Christophe Boelinger 2ème partie
Régis Bonnessée
Roberto Fraga 1ère partie
Roberto Fraga 2ème partie
Cyril Demaedg
Bruno Cathala 1 ère partie
Cyril Blondel
Bruno Cathala 2ème partie
Yahndrev 1ère partie
Yahndrev 2ème partie
Emilie Thomas
Sebastien Dujardin
Florian Corroyer
Alexandre Droit
Docteur Mops 1ère partie
Docteur Mops 2ème partie
Arnaud Urbon
Croc
Martin Vidberg
Florent Toscano
Guillaume Chifoumi
Nicolas Soubies
Juan Rodriguez 1ère partie
Juan Rodriguez 2ème partie
Bony
Yannick Robert
Docteur Philippe Proux
Franck Dion 1ère partie
Franck Dion 2ème partie
Franck Dion 3ème partie
Yoann Laurent
Carine Hinder et Jerôme Pélissier
Dominique Ehrhard
Christian Martinez
Maxime Savariaud

Véronique Claude
Shadi Torbey


  

Saison 2 

Fabien Bleuze
Serge Laget
Djib 1ère partie
Djib 2me partie
Florian Sirieix
Farid Ben Salem 1 ère partie
Farid Ben Salem 2ème partie
Julien Lamouche
Jean-Louis Roubira 1ère partie
Jean-Louis Roubira 2ème partie
Philippe des Pallières 1ère partie

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