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Maadou
1 ère partie

La première image qui me vient de Maadou c'est celle d'une grande gueule.
Mais d'une grande gueule généreuse, alliant la verve oratoire au jeu de scène physique. Un pur produit du hip hop à l'ancienne façon Terrain vague de la Chapelle. Maadou est un artiste du Verbe. Il joue avec les mots, leur donne corps afin de terrasser ses adversaires. 
Connu et reconnu pour ses prestations de haut vol au Rap Contenders, il est devenu depuis youtubeur avec sa chaîne de review de battles. 
Maadou ne peut plaire à tout le monde, ses propos sont cash, durs parfois mais avec une humanité et une franchise qui n'est pas permise à tous. 
Dans cette première partie de cet entretien, nous évoquons sa découverte des battles rap et ses débuts, ce qui peut être dit ou non lors d'un battle, le racisme ainsi que de la mort de son enfant. 


1) Maadou, bonjour ! Auriez-vous la gentillesse de vous présenter ?

 

Alors…

Mon nom de scène c'est Maadou. Je suis battle MC depuis 7/8 ans. 

En parallèle j'étais chef de cuisine. A présent je suis en train de tenter une reconversion en tant que "Youtubeur".

 

J'ai 20 ans depuis à peu près 10 ans.
 

 

2) Ma seconde question porte habituellement sur ce que représente le jeu pour mes invités. Je vais donc la décliner pour vous.

Que représente pour vous le monde du battle rap, en tant que spectateur, mais également en tant que participant ?

Le monde du battle rap représente beaucoup pour moi.

D'abord, c'est là que j'ai réussi à m'exprimer le mieux, c'est un peu mon mégaphone artistique. 

J'ai découvert plusieurs facettes de moi-même en pratiquant cet exercice, j'ai rencontré des gens, démarré des projets ensuite...

Quelque part tout est lié au battle rap.

 

C'est une discipline très ingrate parce qu'un MC ne peut pas en vivre mais dans le même temps, c'est valorisant, car tous les artistes n'ont pas le courage de monter sur scène pour confronter leur écriture à celle d'un autre. 

 

Surtout j'aime ça.

J'aime la compétition, l'adrénaline, l'explosion que peut provoquer une punchline au sein du public… c'est un peu comme une drogue pour moi. 

Même quand j'en ai marre, que je veux tout plaquer, je reviens sans arrêt. Le battle rap, c'est un peu comme la femme de ma vie, hahah ! 



3) Vous me corrigerez si je me trompe, mais j'ai l'impression que vous y retrouvez ces instants où entre potes, à l'adolescence, nous nous charrions les uns les autres, tout en espérant ne pas être la cible du roi de la vanne au sein du groupe. Une pratique d'ailleurs très masculine, en tout cas à l'époque.
Vous vous retrouvez dans cette vision ? C'est une manière pour vous de ne pas grandir et de retrouver ce moment de la vie où l'on se foutait un peu de tout ?


Oui ce côté-là est aussi très présent.

Mais avec le public, c'est amplifié d'une façon indescriptible.

On a ce côté enfantin du "tout le monde va se foutre de toi", mais c'est en même temps accompagné par un côté très adulte, car on est aussi jugés sur nos écrits.

Je pense que le côté chambrage de quartier se perd un peu face au besoin d'évolution que chaque artiste a en lui.

 

On se doit d'innover, de tenter des trucs pour ne pas tourner en rond. La simple blague de mère, qui ferait fureur en bas des tours, a tendance à ne plus surprendre personne sur scène. 

 

Donc c'est partagé. On est entre la cour d'école et les bancs de la fac, haha !

 

4) Vous évoquez régulièrement les réactions du public que vous avez vu évoluer au fil des années.
Un public plus difficile, encourageant moins les clasheurs, parfois trop mou, ou ne réagissant qu'à leur « chouchou ». Dans vos vidéos, vous encouragez d'ailleurs très fortement le public à soutenir les artistes sur scène.
4 A) Je vais me faire l'avocat du diable : peut-on forcer le public à apprécier les phrases d'un artiste et à l'applaudir pour cela ?
Avez-vous des idées de ce qui pourrait être mis en place pour chauffer le public avant l'entrée des artistes ou en tout cas à ce que la vision du public change de manière positive ?


Je pense qu'il n'y pas de moyen miracle pour faire prendre conscience au public qu'il fait partie du show.

On doit les amener à être plus participatifs en leur montrant tout simplement les résultats quand ils sont un peu sur la retenue...

J'ai espoir que ça viendra petit à petit. 

 

Personne ne peut forcer le public à réagir, mais on peut les encourager à ne pas "boycotter" les artistes. Y'a un minimum.

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4 B) J'estime pour ma part qu'un clasheur, bon ou mauvais, qui a le courage de monter sur scène et de se retrouver exposé aux yeux de tous mérite le respect pour cela.
Qu'auriez-vous envie de dire à ceux qui critiquent de manière virulente tel ou tel clasheur ?


Pour répondre à ceux qui sont trop virulents, honnêtement, je suis un peu désarmé.

J'ai du mal à comprendre qu'on ne puisse pas séparer la personne de l'artiste et j'avoue être toujours un peu surpris quand je me fais insulter par un inconnu.

Je prends ça du bon côté pour ma part, c'est la rançon de la "gloire".

Si je pouvais leur dire un mot ce serait : "débranche" !


5) J'aimerais que vous nous racontiez comment un cuisinier de Cergy passe des cuisines au RC ?
Vous rappelez-vous du moment où vous regardiez les battle MCs se confronter les uns aux autres et de cet instant où vous avez eu le courage de passer le cap et de vous retrouver sur scène ?
Il y a eu une rencontre importante à vos yeux ?


Je viens pas de Cergy mais de Montigny-lès-Cormeilles. C'est à côté.

Je me souviens très bien comment tout a commencé.

Je l'avais d'ailleurs raconté avant d'affronter Wojtek qui me le dit dans notre battle "t'as découvert le RC en moule bite et en mangeant des chips".

 

Je sais pas si je mangeais des chips mais je suis sûr que j'étais pas en moule bite. 

En gros j'étais en vacances et un jour où il a plu non-stop, je me suis retrouvé devant youtube toute la journée. J'ai fini par tomber sur des battles du RC, qui avait déjà vécu deux éditions. 

En regardant je me suis dit que je pouvais rivaliser. Je l'ai senti de suite. 

 

Ma nièce, qui était avec moi, m'a ri au nez, donc j'en ai fait une sorte de défi.

J'ai cherché à contacter Dony, qui me répondait pas.

Ensuite j'ai cherché une ligue de battle qui accepterait les débutants, et c'est comme ça que j'ai fait mon premier battle. 

Personne n’est venu me chercher. 

A la suite de ce premier battle chez ultimate clashers, j'ai enchaîné avec la Punch Ligue, puis le staff du RC m'a donné ma chance. 

Le reste, comme on dit, c'est de l'histoire, lol.


Y'a pas vraiment eu de rencontre importante au début.

Certains MCs m'ont clairement donné envie de battle (Alpha, Lunik, Freddy jazzy, Deen) mais j'étais pas dans la position du fan qui veut faire pareil que ses idoles. Je voulais être au même niveau. Face à face. 

Leur casser la gueule, pas leur cirer les pompes.

 


6) Vous parlez de votre nièce. J'ai pu voir la participation de votre fils à l'une de vos vidéos, on peut y constater une très belle complicité entre vous. Je me permets donc une question d'un père à un autre.
Dans son interview, Comer, le célèbre taggueur parisien, me racontait la difficulté d'expliquer à ses enfants qu'il réalisait un acte illégal, alors que lui-même leur interdisait certaines choses.

6 A) Comment explique-t-on à un enfant que l'on doit éduquer au mieux le principe du battle, où l'on insulte quelqu'un en face de soi, mais qui doit comprendre que l'on ne peut se permettre de le faire le reste du temps ? Vous en avez beaucoup parlé avec lui avant de lui montrer des battles ?


J'ai aucun problème avec la politique du "fais ce que je dis, pas ce que je fais." 

Je parle à mon fils comme je parlerais à un adulte, en simplifiant les choses.

En gros, je lui apprends à analyser les choses par lui-même. 

J'ai mon passé, mon vécu, lui le sien, et on a le nôtre en commun. 

Ce qui est mal est mal et si t'as aucune raison de le faire, ne le fais pas. 

Quand il me voit fumer, je lui dis la vérité, à savoir que j'ai été assez bête pour commencer une fois et que depuis je suis condamné à donner mon argent et ma santé à quelqu'un que j'ai jamais vu.

En lui disant ça, je le pousse à réfléchir sur ce que lui va faire comme choix quand on lui proposera sa première cigarette. 

Je me contente pas de lui dire « fumer, c'est pas bien ».

 

Pour les insultes sur scène c'est pareil.

Faut arrêter de croire qu'un gamin de 10 ans a pas entendu les pires insultes à l'école.

Là, c'est de la scène.

Les enfants chez moi savent que c'est du cinéma. 

Je me fous de ce que pensent les gens. 

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Review de Maadou sur sa chaîne youtube

 

 

 

6 B) Vous avez subi des attaques très dures je crois, lorsque vous aviez fait monter votre nièce sur la scène des RC. Comment avez-vous vécu ces critiques et en avez-vous reparlé ensuite en famille ?
 

Les critiques sur le fait que j'ai amené ma nièce sur scène, c'est n'importe quoi.

Je laisse parler. J'avais mes raisons.

Tous les gamins de ma famille disent qu'ils sont de ma famille à l'école. Ma nièce m'avait pas vu depuis longtemps, elle me voyait qu'en vidéo et elle m'a demandé de venir parce qu'on pouvait se voir à ce moment-là. Je pouvais pas dire non.

Sur place, on a un peu regretté quand même, lol.

Y'a eu quelques moments où je voulais lui boucher les oreilles, mais au final, c'est beaucoup de bruit pour rien.

 

Dans ma famille on parle pas de ça. On en rigole mon frère et moi.



7) Je vais vous poser une question, vous y répondez si vous le souhaitez, je comprendrai si cela n'était pas le cas.
Vous avez perdu l'un de vos enfants il y a quelques années.
Comment se remet-on de cet événement ou en tout cas comment fait-on pour avancer chaque jour avec ce poids ?
Le battle ou le simple fait d'écrire, de coucher des sentiments sur le papier, vous ont-ils aidé à surmonter cette épreuve ?


On s'en remet pas. 

Écrire ne m'aide pas. Seul le soutien de ma famille me procure du réconfort.

On n’a pas d'autre choix que de continuer à vivre pour lui, par lui. 

 

 

Si vous souhaitez lui rendre hommage ici en quelques mots, n'hésitez pas.


8) Avant d'évoquer à proprement parler votre chaîne youtube, j'aimerais parler d'un sujet qui me semble important à vos yeux : le racisme.
Vous avez dit je crois, et vous me corrigerez si je me trompe, dans l'une de vos vidéos il y a peu de temps, que vous regrettiez la mode des lines racistes que Gaiden avait ramené au RC et qu'il n'était plus possible d'entendre ce genre de propos lourds au RC. Qu'il était toujours possible de jouer avec ce thème mais qu'il fallait que cela soit bien amené, plus fin.
Cela se voit d'ailleurs très fortement à votre tête lorsque vous effectuez des reviews de battles, on vous sent blasé parfois.
8 A) Pouvez-vous évoquer un exemple de line qui vous a choqué et ce que vous reprochez précisément aux battle MCs qui utilisent ce thème ?


Je sais pas comment je l'ai dit mais en gros c'est pas vraiment les lines racistes de Gaiden que je regrette, c'est son talent.

Une line raciste, pour moi, c'est tout à fait battle compatible.

Quand Gaiden dit "tu peux pas m'échapper Maadou, j'habite en face de la CAF", c'est clairement raciste, mais c'est excellent.

On peut pas comparer ça à "t'es noir, tu pues".

Là, c'est raciste et en plus c'est nul.

Je suis pas contre le racisme au RC, tout comme je suis pas contre les propos homophobes ou antisémites.

 

Le vrai problème c'est si t'affrontes un juif et que tu lui dis "sale juif" sans punch, sans double sens, sans jeux de mots, ça devient du pur antisémitisme.

C'est de la merde. 

 

En fait tout le monde fait semblant de pas comprendre.

Le problème vient des mots nègres et négro.

Et pas juste ces mots-là. Non. 

C'est ces mots-là prononcés par quelqu'un d'autre qu'un noir. 

Il va falloir que tout le monde rentre cette exception dans sa tête très vite. 

Plus personne ne bronche devant les lois qui protègent la mémoire du peuple juif face à la Shoah par exemple. 

Tu peux aller en taule si t'es antisémite.

Pour les gays c'est pareil. 

Dès qu'une star dérape sur le terrain de l'homophobie, il se voit boycotté de partout.

Par contre on peut se faire traiter de nègre sans que rien ne se passe. 

 

Je vais pas jouer la concurrence victimaire parce qu'elle n'existe pas. Y'a pas photo. 

Y'a aucun peuple qui a pris aussi cher et aussi longtemps que le nôtre, donc si on décide de plus accepter les choses, on doit pas attendre l'approbation de ceux qui veulent justement pouvoir continuer à dire négro sans gêne.

 

Et ça tombe encore mieux en ce moment avec toute la révolte du peuple noir aux Etats-Unis qui est suivie de partout.

Un changement va se faire de partout dans le monde.

Et à l'image des juifs et des gays, que j'admire dans la façon qu'ils ont de se protéger, on va enfin défendre nous aussi notre mémoire et notre honneur.  

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8 B) Pour vous, y a-t-il une différence dans la « haine » que l'on peut émettre envers un noir avec un propos raciste ou envers un gros, comme l'a fait Andra très violemment et néanmoins avec talent, envers Doc Brown, où je dois avouer que pour la première fois des RC, et même si je savais que c'était du « théâtre », je me suis senti mal à l'aise pour Doc Brown, qui recevait ces propos ?

 

Pour le truc des gros etc. 

Je sais même pas si je dois répondre à cette question.

Pour moi ça fait partie de l'argumentaire de ceux qui veulent continuer de dire négro.

On enlève un seul mot du répertoire, ça se transforme en fronde générale et on nous demande pourquoi on pourrait dire à quelqu'un qu'il est gros si il peut pas nous dire négro.

 

C'est de la malhonnêteté intellectuelle.

Personne empêche de dire noir et de jouer sur tous les clichés raciaux du monde.

Après personne me forcera à aimer des blagues racistes mal faites.

 

Ca me fatigue un peu de devoir me justifier sur ça en vrai.

Je vois ça tellement évident que j'ai du mal à imaginer que ce genre de questions se posent à quelqu'un qui réfléchit. 

 

Pour le truc des gros ... Pareil, je sais pas quoi dire… 

Si t'es mal à l'aise pour un gros qui monte sur scène en sachant lui-même qu'il est gros... Qu'est-ce que tu ressens pour la fille quand tu regardes un film de cul ?

Ce truc me rappelle le mouvement

Black Lives Matter.

 

C'est sorti car des noirs se font assassiner.

Quelle réponse certains ont trouvé ? 

All life matter.

 

Là on dit qu'on veut plus se faire traiter de nègre.

On nous répond "bah oui, mais les gros". 

Ou pire encore…

"Y'a aussi du racisme anti-blanc"

Là, on atteint le maximum cynisme. 

Parler à un noir de racisme anti-blanc, c'est se plaindre de sa pédicure devant un cul-de-jatte.

 

Ca a un côté très comique et gravement dramatique en même temps.

 

Je me fais l'avocat du diable afin que tu puisses justement développer la différence entre les insultes et pourquoi certaines vont faire plus mal que d'autres selon qui tu es.

9) Tu parles justement des événements actuels.
Tu as fait une vidéo sur la mort de George Floyd. Une vidéo avec laquelle je ne suis pas toujours d'accord avec toi, mais qui a en tout cas le mérite d'exister et de faire réfléchir.

Jean-Louis Arajol, un ancien syndicaliste policier qui s'est battu contre le fascisme dans les rangs de la police, a publié une lettre sur Facebook afin que les policiers retrouvent un esprit républicain, perdu selon lui, et d'effacer la rupture entre la jeunesse et la police, qu'il considère faire partie du peuple, contrairement à ce disait le préfet Lallement dernièrement.
Crois-tu que cela soit encore possible ou es-tu définitivement désabusé, comme j'ai pu le ressentir dans ta vidéo ?

 

https://www.lemediatv.fr/emissions/tout-peut-arriver/nous-devons-etre-des-policiers-republicains-et-non-des-mercenaires-WnNNGSyNQ-STAUQ6YcfyIA


La suite de cette entretien la semaine prochaine...

Merci à Pierre Bertho pour l'aimable autorisation pour ses photos. 



 

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Saison 1

Yves Hirschfeld
Benoit Forget
Bruno Faidutti 1ère partie
Bruno Faidutti 2ème partie
Naiade
François Haffner 1ère partie
François Haffner 2ème partie
Pierô Lalune
Timothée Leroy
Mathilde Spriet
Sébastien Pauchon
Tom Vuarchex
Vincent Dutrait 1ère partie
Vincent Dutrait 2ème partie
Christophe Boelinger 1 ère partie 
Christophe Boelinger 2ème partie
Régis Bonnessée
Roberto Fraga 1ère partie
Roberto Fraga 2 ème partie
Cyril Demaedg
Bruno Cathala 1 ère partie
Cyril Blondel
Bruno Cathala 2ème partie
Yahndrev 1ère partie
Yahndrev 2ème partie
Emilie Thomas
Sebastien Dujardin
Florian Corroyer
Alexandre Droit
Docteur Mops 1ère partie
Docteur Mops 2ème partie
Arnaud Urbon
Croc
Martin Vidberg
Florent Toscano
Guillaume Chifoumi
Nicolas Soubies
Juan Rodriguez 1ère partie
Juan Rodriguez 2ème partie
Bony
Yannick Robert
Docteur Philippe Proux
Franck Dion 1ère partie
Franck Dion 2ème partie
Franck Dion 3ème partie
Yoann Laurent
Carine Hinder et Jerôme Pélissier
Dominique Ehrhard
Christian Martinez
Maxime Savariaud
Véronique Claude
Shadi Torbey
 

Saison 2 
 

Fabien Bleuze
Serge Laget
Djib 1ère partie
Djib 2me partie
Florian Sirieix
Farid Ben Salem 1 ère partie
Farid Ben Salem 2ème partie
Julien Lamouche
Jean-Louis Roubira 1ère partie
Jean-Louis Roubira 2ème partie
Philippe des Pallières 1ère partie
Philippe des Pallières 2ème partie
Julian Malgat Tome 1
Philippe Tapimoket 1ère partie
Philippe Tapimoket 2ème partie
Théo Rivière
Reixou
Nicolas Bourgoin
Natacha Deshayes
Gary Kim 
Emmanuel Beltrando
Tony Rochon

Thierry Saeys
Lia Sabine
Igor Polouchine 1ère partie
Igor Polouchine 2ème partie
Bernard Tavitian
Marcus 1ère partie
Marcus 2ème partie
Gaetan Beaujannot
Jean-Michel Urien
Michel Lalet 1ère partie
Michel Lalet 2 ème partie
Michel Lalet 3ème partie
Christophe Raimbault
Gaelle Larvor / Nam-Gwang Kim
Stefan Feld


Saison 3

Catherine Watine
Jean-François Feith
Nadine Seul 1ère partie
Nadine Seul 2 ème partie
Guillaume Lemery 1 ère partie
Guillaume Lemery 2 è me partie
Jérémie Fleury Tome 1
Aurore Matthey
Richard Garfield
Rémi Amy
Eric Jumel
Hadi Barkat
Roméo Hennion
Clément Leclercq
Blaise Muller
Claude Leroy 1ère partie
Claude Leroy 2 ème partie
Marie Cardouat 1ère partie
Marie Cardouat 2ème partie
Gabriel Nassif 1 ère partie
Gabriel Nassif 2 ème partie 
Grégoire Sivan


Saison 4 

Julien Sentis
Bertrand Arpino 1 ère partie
Bertrand Arpino 2 ème partie
Olivier Ruel 1 ère partie
Olivier 2 ème partie
Léonidas Vesperini 1 ère partie
Léonidas Vesperini 2 ème partie
Arnaud Demaegd
COMER
Guilhem Gallart alias Pone


Saison 5
Alain Mirhanyan
Agathe Haffner